Une valeur ajoutée pour l’assurance maladie
Jean-Paul Dercq, Responsable Recherche et développement en Soins de Santé
Jean-Paul Dercq considère eHealth comme une importante avancée pour l’assurance soins de santé et indemnités et notamment pour ce qui est de la communication entre dispensateurs (communication de données de santé, résultats d’examens), de la communication avec les organismes assureurs et avec l’autorité (simplification des flux administratifs) ainsi que pour la qualité des soins (constitution de registres, mise à disposition en ligne des recommandations de bonne pratique).
Une séparation claire entre des services de bases librement choisis et les services à valeur ajoutée développés pour communiquer des donnés de santé est l’originalité la plus marquante de la stratégie développée.
De cette manière, les professionnels peuvent développer ou faire développer les applications nécessaires à leur pratique en utilisant des pièces disponibles, gratuites, garanties (Service Level agreement) et techniquement documentées et auditées (cryptage).
Un des mécanismes utilisés pour le dispensateur de soins sera la réutilisation de données. Ceci lui évitera de devoir réintroduire plusieurs fois des données identiques à des fins différentes. L’exemple type est le registre du cancer : les données peuvent être volontairement partagées entre le médecin hospitalier, son dossier et le registre. Ce partage d’information peut être en outre valorisé pour des procédures de remboursement par les organismes assureurs, par exemple pour la consultation multidisciplinaire d’oncologie. Dans ce cas, une introduction de donnée sert à trois finalités :
- la tenue dossier
- le registre
- le remboursement.
Et il est évident que seules les données pertinentes sont communiquées dans chacun des flux.
En ce qui concerne le dossier médical, contrairement à d’autres pays, ce n’est pas un dossier centralisé qui est envisagé, mais un mécanisme de soutien à l’échange de données entre dispensateurs.
Double avantage :
- système moins contraignant (plus de liberté de format et de contenu)
- confirme les dispensateurs comme décideurs de l’information qu’ils mettent ou non à disposition.
Les mécanismes de sécurité (user management, logs, cryptage) sont de qualité industrielle.
Un autre exemple est la simplification de la procédure d’autorisation accordée par les médecins conseils des organismes assureurs pour certains médicaments du chapitre I. La mise en œuvre de cette priorité est prévue pour 2010.
On s’attend à ce que le médecin prescripteur puisse recevoir, pour un pourcentage important des demandes d’accord, une réponse immédiate durant la consultation même où se fait la prescription. L’accord sera aussi disponible presque immédiatement pour le pharmacien qui assurera la délivrance du médicament.
Un exemple supplémentaire est l’extension progressive de la facturation aux organismes assureurs (tiers payant) ou le remboursement au patient demandé par voie électronique. Par ce mécanisme, le tiers payant sera accéléré ce qui pourra avoir des effets sur l’accessibilité aux soins. Le remboursement au patient, demandé par voie électronique, évitera son déplacement.
Des registres, demandés par les professionnels eux-mêmes, afin de pouvoir développer la peer-review sont constitués de manière modulaire ce qui permettra de répondre à un nombre croissant de demandes.
Des bases de données reprenant des recommandations de bonne pratique synthétique mettront à la disposition des dispensateurs, en ligne et de manière immédiate, les derniers acquis de l’evidence based medecine.
Des sources authentiques de données seront mises à disposition des dispensateurs. Par exemple pour les médicaments, il s’agira de données mises à jour relatives à la mise sur le marché, aux modalités de remboursement. Plus besoin donc d’acquérir et d’installer les versions successives de cette base de données ; la procédure chapitre IV y sera intégrée.
Le télémonitoring utilisera également des services de bases de la plateforme et permettra ainsi un meilleur suivi et une participation accrue du patient.
De manière très claire, la plate forme ehealth offrira donc des avantages indéniables aux dispensateurs, aux patients et aux institutions.

